Cet
heureux état de l'âme, quoiqu'il soit la perfection des cœurs
parfaits, est néanmoins susceptible de s'augmenter sans cesse et presque
jusqu'à l'infini. C'est cette tranquillité, ainsi que m'en a assuré un
grand serviteur de Dieu qui en avait fait lui-même la délicieuse
expérience, laquelle sanctifie et purifie tellement une âme, la détache
et la délivre si victorieusement de toutes les affections pour les
choses de la terre, que, par un ravissement tout divin, elle l'élève
jusque dans les cieux, et qu'après l'avoir conduite au port du salut,
elle lui fait contempler Dieu même. Eh ! n'est-ce point de ce
ravissement céleste qu'il avait peut-être éprouvé, que David veut
parler, lorsqu'il dit : « que les dieux puissants de la terre ont été
extraordinairement élevés » (Ps 46,10). C'est encore ce qu'avait éprouvé
ce saint religieux d'Égypte, qui, au milieu de ses frères, priait
presque toujours les bras étendus vers le ciel. « Du ciel terrestre, c'est-à-dire de la paix de l'âme, qui la
rend semblable à Dieu en la perfectionnant et en lui procurant la
résurrection avant la résurrection générale » (О земном небе, или о богоподражательном бесстрастии и совершенстве, и воскресении души прежде общего воскресения/ XXIX
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