dimanche 26 avril 2026

homélie pour le dimanche des Saintes Femmes Myrhophores

Le Christ est ressuscité !

Le deuxième dimanche après la Semaine Lumineuse est dédié à la mémoire des Saintes Femmes Myrhophores et des Saints Justes Joseph et Nicodème, ceux qui, malgré leurs faiblesses, servirent le Seigneur, et lui restèrent fidèles jusqu'à la fin. Plus que d’autres, ils ont pénétré le mystère de la mort du Christ et de Sa glorieuse Résurrection.

Les justes Nicodème et Joseph étaient des disciples secrets du Sauveur. Saint Nicodème, comme nous le savons, venait trouver le Seigneur de nuit, car il craignait de le faire au grand jour, et il se demandait comment on pouvait naître de l'Esprit. Mais lorsque les pharisiens cherchèrent un prétexte pour accuser le Christ et le mettre à mort, il s’y opposa ouvertement : « Notre loi condamnerait-elle un homme sans l’avoir entendu ? » (Jean 7, 51). Saint Joseph était membre du Sanhédrin, un homme respecté parmi les Juifs, mais il ne participa pas à l'iniquité des Juifs qui mirent le Seigneur à mort. Un notable, en l’occurrence le noble Joseph, qui entendit la prédication du Christ de Son vivant et attendait le Royaume de Dieu, n'osait pas manifester publiquement sa foi. Il se tenait probablement aussi au pied de la Croix, il fut témoin des souffrances du Seigneur et l'amour du Christ transperça son cœur. Sachant la colère que cela susciterait chez les pharisiens, il fit preuve de courage :  il osa aller trouver Pilate et lui demander le corps très pur du Sauveur pour l’ensevelir.

(suite,  et VERSION EN RUSSE dans la suite du billet)
 

La foi peut être faible, et beaucoup de gens ont honte de l’exprimer, craignant le jugement d’autrui. Mais tôt ou tard, elle doit inévitablement se révéler, se manifester par des actes, être témoignée, confessée, ou disparaître comme si elle n’avait pas existé. Ainsi, sur les saints justes Joseph et Nicodème, sur le centurion qui se tenait au pied de la Croix, et sur l'humanité sauvée tout entière, nous voyons l'accomplissement de la prophétie du Sauveur à Son sujet : « Pour Moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » (Jean 12, 32).

Saint Joseph offrit au Seigneur son propre tombeau, qu'il s'était préparé pour lui-même : cela indique qu'il avait le souvenir de la mort et qu'il s'y préparait. De plus, il offrit un tombeau neuf, dans lequel personne n'avait encore reposé, car à travers lui s’ouvre, pour tous les croyants, un chemin entièrement nouveau de la mort à la vie, de la décrépitude et de la décomposition à une nouvelle création éternelle en Christ. Ce tombeau, taillé dans la pierre, est un refuge sûr contre toutes les souffrances et les injustices de ce monde, une source de joie et d’espérance pour celui qui meurt en Christ. Le noble sage oignit aussi le corps du Seigneur avec des aromates, l'enveloppa dans un linceul, le plaça dans le Sépulcre et le ferma avec une grande pierre. C'est ainsi que l’on peut servir Dieu, si l’on surmonte la peur d'être différent des autres. Ainsi, le juste Joseph offrit un sacrifice pur au Christ, unissant son tombeau au tombeau vivifiant du Seigneur, sa confession à la Passion et à la Résurrection du Seigneur.

Les femmes myrhophores assistèrent à la mise au tombeau, elles qui, durant le ministère public du Seigneur, Le suivirent et L’assistèrent de leurs biens, probablement apportant et préparant de la nourriture pour Jésus et Ses disciples. Nombreux sont ceux qui suivirent le Seigneur et se dispersèrent par la suite, mais les femmes myrhophores restèrent fidèles au Christ jusqu'à la fin, elles se tenaient près de la Croix, compatissaient avec le Sauveur de tout leur cœur, souffraient et pleuraient avec Lui. Bien qu'il s’agisse de femmes faibles, elles n'étaient pas effrayées par la fureur de la foule démoniaque, ni par la rage des pharisiens, ni par l’irrévérence des soldats, car leurs cœurs aimants étaient éclairés par le Saint-Esprit.

Les événements de cette fête montrent que lors des épreuves, les personnes faibles deviennent souvent fortes, et inversement. La force humaine ne suffit pas à devenir, par exemple, martyr pour le Christ ; cela requiert la puissance de Dieu, qui se manifeste pleinement dans la faiblesse. Et nous voyons comment les ardents et les zélés s'enfuient, tandis que les femmes faibles et les hommes indécis trouvent le courage de tenir debout jusqu’à la fin.

Ainsi, dès le matin, les femmes myrhophores se rendent au Sépulcre avec de la myrrhe, « alors qu’il faisait encore nuit » pour oindre le corps du Seigneur. Et par les yeux de la foi, nous voyons que ce ne sont pas les ténèbres physiques qui se retirent, mais les ténèbres du péché et de la mort. Ce n’est pas la lumière matérielle du soleil qui brille, mais l'aube du premier jour d'une nouvelle création, le Soleil de Justice, le Christ, se lève une fois pour toutes. Désormais, chaque lever de soleil nous rappelle, à nous chrétiens, le début d'une nouvelle ère, la vie éternelle avec le Christ ressuscité.

Mais était-il vraiment nécessaire que les femmes myrhophores viennent au tombeau avec des aromates, après que saint Joseph eut répandu tant de parfum sur le Seigneur, (près de cent litres), L’eut recouvert d'un linceul et L’eut déposé dans le Tombeau ? Auraient-elles pu ajouter ou changer quoi que ce soit ? De plus, elles n’ont songé ni aux dangers, ni aux risques, ni à la manière dont elles devraient rouler l’énorme pierre, ni à l’attitude des gardes. Simplement, s'oubliant elles-mêmes, elles suivirent les aspirations de leur cœur pour s’acquitter de leur dette d'amour envers le Sauveur. Il ne leur a pas été donné d'oindre le corps du Christ, mais elles firent ce qu'elles purent, et le Seigneur accepta leur sacrifice, leur détermination, leur amour, les bénit et répandit Sa grâce sur elles. Ainsi, peu importe combien d'autres ont pu servir Dieu, le Seigneur attend de nous aussi un peu d'amour et de sacrifice, afin de nous accueillir dans Son Royaume.

Et vous comme moi, nous sommes appelés nous aussi à toucher le Sauveur avec notre cœur, à Le servir avec nos biens, nos talents et ce que nous possédons. Toute notre vie doit nous permettre de toucher le manteau du Christ avec la femme hémorroïsse, avec Marie ; de laver Son corps avec les larmes et la myrrhe, de L'envelopper du linceul de la dévotion avec Joseph et Nicodème, de Lui apporter avec les femmes myrhophores la myrrhe de l'amour et le parfum des vertus, les prémices de nos sentiments et de nos pensées, et notre être tout entier.  Et le Seigneur accepte ce sacrifice, cette volonté, ce désir d'être avec Lui comme Il a accepté le sacrifice des myrhophores et de tant de saints qui remplissent Son Royaume céleste. Alors la croix de notre vie se fond dans la Croix du Christ, et notre tombeau, auquel on ne peut échapper, devient « semblable à Celui qui porte la vie, semblable au plus beau des paradis, véritablement le plus lumineux des palais royaux » (*). Et de ce lieu, nullement effrayant, empli de la lumière de l'espérance, nous commençons, avec le Christ ressuscité, un nouveau chemin d'ascension vers la joie éternelle dans Son Royaume céleste. Amen.

Sermon du métropolite Leonty (Kozlov) de Voronej et Liski, le dimanche des saintes Femmes myrhophores, prononcé le 15 mai 2016 à la cathédrale de la Sainte-Trinité à Jérusalem

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(*) citation de l’office de Pâques

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ХРИСТОСЪ ВОСКРЕСЕ!

 

Второе воскресенье после Светлой седмицы посвящено памяти святых жен-мироносиц и святых праведных Иосифа с Никодимом, тех, кто при своих немощах послужили Господу, остались верными до конца и больше других проникли в тайну смерти Христа и Его славного Воскресения.

Праведные Никодим и Иосиф были тайными учениками Спасителя. Святой Никодим, как мы помним, ночью приходил ко Господу, потому что боялся сделать это явно, и все не мог понять, как это можно родиться от Духа. Но когда фарисеи подыскивали повод, чтобы обвинить Христа и предать Его смерти, он открыто стал возражать им: «Разве закон наш судит человека, прежде чем выслушает его?» (Ин. 7, 51). А святой Иосиф был членом Синедриона, уважаемым в иудейской среде человеком, но он не приобщился беззаконию иудеев, убивших Господа. Благообразный, т.е. знатный Иосиф слышал проповедь Христа при Его жизни, ожидал Царствия Божия, но не решался обнаружить свою веру публично. Вероятно, он тоже стоял при Кресте, видел страдания Господа, и любовь Христова пронзила его сердце. Тогда он, зная, какой гнев это вызовет у фарисеев, решился на мужественный шаг — дерзнул пойти к Пилату и просить пречистое тело Спасителя для погребения.

Вера может быть слабой, и многие люди смущаются ее обнаруживать, боятся мнения окружающих. Но в какой-то момент она непременно должна выйти наружу, проявиться в делах, быть засвидетельствована, исповедована либо исчезнуть, так и не состоявшись. И вот, на святых праведных Иосифе и Никодиме, стоявшем при Кресте сотнике, да и всем спасаемом человечестве, мы видим исполнение пророчества Спасителя о Себе: «Когда Я вознесен буду от земли, всех привлеку к Себе» (Ин. 12, 32).

Святой Иосиф отдает Господу свою гробницу, которую он приготовил для себя — это говорит о том, что он помнил о смерти, готовился к ней. Причем гробницу новую, в которой никто еще не лежал, ибо через нее открывается всем верующим совершенно новый путь от смерти в жизнь, от ветхости и тления к новому вечному творению во Христе. Гроб этот высечен в камне и есть надежное убежище от всех скорбей и несправедливостей этого мира, радость и надежда для умирающего во Христе. Благообразный советник также помазал тело Господа благовониями, обвил его плащаницей, положил во Гроб и закрыл большим камнем. Вот как может послужить человек Богу, если переступит через страх быть не как все. Таким образом праведный Иосиф принес чистую жертву Христу, соединил свой гроб с животворящим Гробом Господа, свой крестный путь исповедничества с Его Страданиями и Воскресением.

За погребением наблюдали святые жены-мироносицы, которые во время общественного служения Господа следовали за Ним и служили Ему от своих имений, скорее всего, приносили и готовили пищу Иисусу и Его ученикам. Многие следовали за Господом, но потом разбежались, однако мироносицы остались верными Христу до конца, они стояли при Кресте, сопереживали Спасителю всем сердцем, страдали и плакали. Хотя это были слабые женщины, их не испугало ни беснование толпы, ни неистовство фарисеев, ни бесцеремонность воинов, потому что их любящие сердца осенил Дух Святой.

События праздника показывают, что во время испытаний часто слабые люди становятся сильными, и наоборот. Человеческой силы недостаточно для того, чтобы стать, например, мучеником за Христа, требуется сила Божия, которая в немощи совершается. И мы видим, как горячие и ревностные разбегаются, а слабые жены и нерешительные мужи обретают дерзновение стоять до конца.

И вот, жены-мироносицы идут утром, «еще сущей тьме», ко Гробу с миром, чтобы помазать тело Господа, и очами веры мы видим, что отступает не физическая тьма, а тьма греха и смерти, как воссиявает не материальный свет солнца, а заря первого дня нового творения, раз и навсегда восходит Солнце Правды – Христос. Отныне каждый рассвет напоминает нам, христианам, о начале нового века, жизни вечной с Воскресшим Христом.

Но была ли необходимость мироносицам после того, как святой Иосиф столько благовоний возлил на Господа, около ста литров, покрыл плащаницей и положил во Гробе, идти снова с миром? Могли ли они что-то добавить или изменить? Притом они не посчитались ни с какими опасностями и рисками, не подумали о том, как они отвалят огромный камень, не знали, как отреагирует стража, просто, забыв о себе, пошли по велению сердца, чтобы отдать свой долг любви Спасителю. Им не дано было даже помазать тело Христово, но они сделали то, что могли, и Господь принял их жертву, их решимость, их любовь, благословил и излил на них Свою благодать. Так, сколько бы ни послужили Богу другие, Господь ждет и от нас малой любви и жертвы, чтобы на основании этого и нас взять в Свое Царство.

И мы с вами призваны прикоснуться к Спасителю своим сердцем, послужить Ему своим имением, талантами, тем, что у нас есть. Вся наша жизнь должна позволить нам прикоснуться к ризе Христа вместе с кровоточивой, омыть Его тело слезами и миром вместе с Марией, вместе с Иосифом и Никодимом обвить Его пеленами благоговения, вместе с мироносицами принести Ему миро любви и благоухание добродетелей, начатки своих чувств и мыслей, всего себя. И Господь эту жертву, эту решимость, это желание быть с Ним принимает так, как принял жертву мироносиц и стольких святых, наполняющих Его Небесное Царство. Тогда наш жизненный крест сливается с Крестом Христовым, наш гроб, который неминуем, становится «яко живоносец, яко рая краснейший, воистину чертога всякого царского светлейший». И из этого, совсем не страшного, исполненного светом надежды места мы вместе с Воскресшим Христом начинаем новый путь восхождения к вечной радости в Его Небесном Царствии. Аминь.  

Сказано 15 мая 2016 в Троицком соборе в Иерусалиме

 

 

Проповедь митрополита Леонтия (Козлова), Воронежского и Лискинского в неделю свв. жен-мироносиц

 

 

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