dimanche 5 juillet 2026

homélie pour le 5e dimanche après la Pentecôte

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit !

« Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c'est qu'ils soient sauvés. » (Romains 10, 1).

C'est ainsi que commence la lecture de l'Épître apostolique d’aujourd’hui. L'apôtre Paul se souciait moins de son propre salut que de celui des autres.

Dans l'épître que nous avons lue aujourd'hui, l'apôtre parle de la facilité avec laquelle on obtient la justification par la foi : réfléchissons quelques minutes, nous aussi, à la pensée de la foi comme condition du salut.

La seule connaissance du Seigneur Jésus est-elle suffisante pour le salut ? Non. La connaissance précède seulement la foi, comme la feuille précède la fleur. La foi consiste-t-elle simplement dans la certitude intellectuelle en la vérité et la sainteté de ce que nous enseigne Jésus-Christ, tant en paroles qu’en actes ? Non. La certitude n’est que la fleur de l'arbre, non son fruit. Le cœur croit en la vérité. Il est nécessaire que la vérité de Dieu pénètre jusqu'au cœur même et se manifeste constamment dans une vie de sainteté.

(suite,  et VERSION EN RUSSE dans la suite du billet)
 

D’après la lecture de l’Apôtre d’aujourd’hui, il n’est pas dit que la foi qui justifie l’homme doit être associée aux bonnes œuvres. « En effet, croire dans son cœur conduit à la justice » dit l'Apôtre (Romains 10, 10). Mais la foi du cœur n'est pas une foi morte. N’est-ce pas elle qui confesse Jésus comme Seigneur ? N'est-ce pas elle qui, dans le centurion, demande à Jésus de guérir le jeune homme ? Dans la femme hémorroïsse, touche le bord du vêtement du Christ ? Chez la femme cananéenne, la compare à des petits chiens se nourrissant de miettes tombées au sol ?  Face à l’aveugle, implore de recouvrer la vue ? Vraiment, la foi du cœur est une foi vivante. Le même Apôtre dit : « Car, en Jésus-Christ, ni la circoncision ni l'incirconcision n'ont de valeur, mais la foi agissant par l’amour » (Gal. 5, 6). Par conséquent, celui qui croit de tout son cœur aime aussi Celui en qui il croit. La foi du cœur est amour ; et là où est l’amour, là est la vie, et là aussi sont les œuvres.

Qu’est-ce que cela signifie ? Peut-on penser, s’imaginer, que la foi en Christ nous a déjà justifiés dans le saint Baptême ? Est-il sensé de s’approprier une foi que l’on n’avait pas encore étant enfant ? Vous avez été amenés aux fonts baptismaux, comme le paralytique au Christ ; et la justification et le salut vous ont été accordés selon la foi des parrains et marraines. Est-il sensé de considérer les bonnes œuvres comme superflues dans la question de votre salut ? Tout ce qui est nécessaire à la vie et à la piété vous a été donné, et il faudra rendre compte de l'usage des forces qui vous ont été accordées. Est-il sensé de priver Dieu de Sa justice ? Accordera t’Il vraiment à tous la même gloire et la même félicité, uniquement parce qu'ils ont été justifiés par la foi au Christ ? Le vice et la vertu coexisteront-ils vraiment dans le Royaume des Cieux ? Lisez la parabole évangélique des invités aux noces du Fils du Roi et réfléchissez : quel est ce vêtement que portait l’un des invités et qui déplut au Roi ? « C'est un vêtement fait de péchés et de vices » (Matthieu 22, 1-14). Lisez la parabole des dix vierges (Matthieu 25, 1-13) et méditez : quelle est cette huile que les cinq vierges insensées n'ont pas emportée avec elles lorsqu'elles sont allées à la rencontre de l’époux ? C'est l'amour qui manquait à leur foi. Lisez la parabole des talents et réfléchissez donc pourquoi celui qui a reçu un seul talent fut condamné et plongé dans les ténèbres extérieures ? C’est parce que non seulement Il ne l'a pas fait fructifier, mais encore il l'a caché dans la terre (Matthieu 25, 24-30). Voyez Lazare souffrant, dans le sein d'Abraham, et l'homme riche au cœur endurci, en enfer et dans les flammes du supplice... Ce sont des paraboles, dites-vous ?  Mais les paraboles sont les images précises des réalités invisibles.  Écoutez ce que dit le Seigneur Lui-même : « Car le Fils de l'homme viendra dans la gloire de Son Père avec Ses anges ; et alors Il rendra à chacun selon ses œuvres. » (Matthieu 16, 27). Est-ce une parabole ? N'exprime-t-elle pas clairement que votre foi sans bonnes œuvres est morte ? Et pourquoi les commandements nous ont-ils été donnés, si les œuvres sont inutiles ? Pourquoi la croix de l’abnégation nous a-t-elle été donnée, si la foi seule sauve ?  Abraham, le père des croyants, n'a-t-il pas été justifié par les œuvres, en plaçant son fils Isaac sur l'autel ? La foi coopérait à ses œuvres, et par les œuvres, la foi fut rendue parfaite (Jacques 2, 21-22).

L'œuvre de notre salut commence par la nouvelle naissance, et se poursuit jusqu'à la fin de notre vie. La grâce nous met en paix avec Dieu, fait de nous Ses fils, et nous revêt du Christ. Ne devrions-nous pas chérir ces dons et les garder intacts, purs et saints ? Il est difficile de les préserver dans une chair faible, dites-vous ! Mais est-il difficile de vivre, de penser, de ressentir, de parler, de marcher, etc. ? Laissez dans votre cœur de la place pour la foi. Laissez-là penser en vous, ressentir et agir, et alors vous verrez que vivre par la foi, comme l’apôtre Paul, n’est pas difficile. Si le roi vous confiait un trésor, vous plaindriez-vous qu’il réclame votre attention, afin qu'il ne se détériore pas, ou votre vigilance, de peur qu’il ne soit volé ? Si nous oublions toutes les difficultés et désagréments liés à la préservation des biens terrestres, n'est-ce pas un péché de se plaindre des efforts que les dons de la grâce requièrent de nous ? Pour cela, ne faut-il pas préserver les commandements du Christ ? Et alors ? « Ses commandements ne sont pas pesants », dit saint Jean (1 Jean 5, 3). Devrions-nous prendre sur nous le joug et le fardeau du Christ ? « Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger », dit le Christ lui-même (Matthieu 11, 30).

Amen.

 

Homélie prononcée le 11 juillet 1837 à Slutsk. par le métropolite Nicanor (Klementievsky)de Saint-Pétersbourg et Novgorod (†1856)

le cinquième dimanche après la Pentecôte

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Во имя Отца и Сына и Святого Духа!

Братие, благоволение убо моего сердца и молитва, яже к Богу по Израили есть во спасение (Рим. 10, 1).

Вот чем начиналось ныне чтение апостольского послания. — Апостол Павел заботился не столько о своём собственном спасении, сколько о спасении других.

Апостол в чтенном ныне послании говорит об удобстве приобресть оправдание чрез веру: остановимся и мы на несколько минут на мысли о вере, как условии спасения.

Довольно ли для спасения одного познания Господа Иисуса? Нет. Познание только предшествует вере, как лист перед цветом. Состоит ли вера в одной уверенности ума в истине и святости того, чему учит нас Иисус Христос и словом и делом? Нет. Уверенность есть только цвет древа, а не плод. Сердцем веруется в правду. Надобно, чтобы истина Божия проникала в самое сердце и постоянно осуществлялась в святой жизни.

Из нынешнего чтения апостольского не видно, чтобы вера, оправдывающая человека, соединена была с добрыми делами. Сердцем бо веруется в правду, говорит апостол (Рим. 10, 10). Но вера сердца не есть вера мёртвая. Не она ли исповедует Иисуса Господом? — Не она ли в сотнике просит Иисуса об исцелении отрока? В жене кровоточивой прикасается края ризы Христовой? В жене хананейской сравнивает её с псами, питающимися от крупиц падающих? В слепых вопиет о прозрении? — Подлинно, вера сердца есть вера живая. Тот же апостол говорит: о Христе Иисусе ни обрезание что может, ни необрезание, но вера любовию поспешествуема (Гал. 5, 6). Следственно, кто верует сердцем, тот и любит, в кого верует: вера сердца есть любовь; а где любовь, там и жизнь, там и дела.

На что дела, может помыслить кто, вообразив, что вера во Христа уже оправдала нас в святом Крещении? — Здраво ли мыслишь, усвояя себе веру, которой ты ещё не имел, быв младенцем? — Тебя принесли к купели крещения, как расслабленного ко Христу; и тебе даровано оправдание и спасение по вере восприемников. Здраво ли мыслишь, почитая добрые дела излишними в деле твоего спасения? — Тебе даровано всё нужное к жизни и благочестию, и от тебя потребуют отчета в употреблении дарованных сил. Здраво ли мыслишь, отнимая у Бога Его правосудие? Неужели Он удостоит всех равно одной славы и блаженства, потому только, что всё равно оправдались верою во Христа? — Неужели порок и добродетель сядут рядом в Царстве Небесном. Прочитай евангельскую притчу о призванных  на брачный пир к Сыну Цареву, и вникни: что это за одежда, в которой пришёл один из призванных и которая не понравилась Царю? — Это одежда из грехов и пороков (Мф. 22, 1-14). Прочитай притчу о десяти девах (Мф. 25, 1-13) и размысли, что это за елей, которого не взяли с собою пять юродивых дев, идя на встречу жениху? — Это любовь, которой недоставало в их вере. Прочитай притчу о талантах и рассуди, за что получивший один талант осуждён и ввержен в тьму кромешную? За то, что не только не приумножил своего таланта, но ещё и скрыл его в земле (Мф. 25, 24-30). Посмотри на страдальца Лазаря, на лоне Авраамовом, и на жестокосердого богача, во аде и в мучительном пламени... — Это притчи, скажешь? — Но притчи суть точные изображения вещей невидимых. — Выслушай, что говорит Сам Господь: приити бо имать Сын Человеческий во славе Отца Своего со Ангелы Своими; и тогда воздаст комуждо по деянием его (Мф. 16, 27). Притча ли это? не прямо ли, не явственно ли выражает, что твоя вера без добрых дел мертва? — И для чего оставлены нам заповеди, если дела не нужны? На что было возлагать на нас крест самоотвержения, коли одна вера спасает? Видно, одной умозрительной веры мало к нашему оправданию. И подлинно, Авраам, отец верующих, не делами ли оправдался, возложив сына своего Исаака на жертвенник? Вера содействовала его делам, и делами совершилась вера (Иак. 2, 21-22).

Дело спасения нашего начинается в возрождении, и совершается до конца нашей жизни. Благодать вводит нас в мир с Богом, соделывает нас Его сынами, и облекает во Христа. Не должны ли мы беречь эти дары и сохранять в целости, в чистоте и святости? — Трудно сохранить в немощной плоти, скажешь! — Но трудно ли жить, мыслить, чувствовать, говорить, ходить и проч. — Дайте вере простор в сердце. Пусть она мыслит в вас, чувствует и действует; и тогда увидите, что жить верою, как жил апостол Павел, не трудно. Если бы Царь подарил тебе какую драгоценность, стал ли бы ты жаловаться на то, что она требует твоего внимания, дабы не испортилась, забот, дабы не похитили. — Если для сбережения земного сокровища забываем все трудности и неудобства, то не грешно ли жаловаться на труды, коих требуют от нас дары благодати? — Надобно сохранять для них заповеди Христовы? — Что ж? — Заповеди Его тяжки не суть, говорит св. Иоанн (1 Ин. 5, 3). Надобно взять на себя иго и бремя Христово? — Иго Мое благо, и бремя Мое легко есть, говорит Сам Христос (Мф. 11, 10).

Аминь.

Произнесено 11 июля, 1837 г. в Слуцке.



 

 

 

Слово митрополита Никанора (Клементьевского), Санкт-Петербургского и Новгородского (†1856 г.) в неделю 5-ю по Пятидесятнице

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